Quelques jours à peine après la diffusion de notre merveilleuse vidéo, aucun retour. Ni de l’agence, ni d’un quelconque producteur hollywoodien.
Étonnée par la situation, il est envisagé un petit mail de rappel, suivi d’un recommandé avant une alerte enlèvement… On me rappelle à l’ordre. Paraît-il qu’il convient d’attendre. L’agence nous a informés que les choses sérieuses ne débuteront qu’en janvier et l’attente fait partie du processus. D’autant plus que cette règle du jeu était claire dès le début. Bien obligée d’admettre que l’autre partie du couple a très certainement raison. À demi-mot, je promets d’attendre, à minima le temps de son séjour à l’étranger.
Et de toute façon, comme cela se produit depuis le début de cette aventure, dès que nous sommes l’un et l’autre dans des fuseaux horaires différents, inévitablement, il se produit une avancée inattendue. Il suffit donc d’attendre.
Et cela arrive. En pleine après-midi, je reçois un message assez ferme : « Regarde tes mails ! » Au vu du ton plutôt directif et peu habituel, je m’exécute. Un mail apparaît. Soudainement, mon cœur se met à battre à la lecture de l’objet : Writing a Letter for your potential surrogate for you.
Visiblement, ce ton directif semble justifié. Une bonne fée, sortie de nulle part, serait intéressée par notre profil. L’agence nous demande de préciser notre état d’esprit à quelques questions suite aux échanges préalables avec la mère porteuse. Ça semble bien trop beau pour être vrai, mais admettons.
L’agence a évoqué à la mère porteuse que nous tenions un site internet retranscrivant notre folle aventure. Afin de préserver son anonymat, elle ne souhaite pas y apparaître. Sommes-nous disposés à conserver son anonymat ? Oui, bien sûr. Nous sommes également anonymes sur le site, car internet, c’est magique mais ça fait peur.
Cette bonne âme a déjà réalisé une GPA il y a quelque temps. Elle souhaiterait rester dans la même clinique que sa précédente expérience, qui, bien évidemment, est une clinique différente de la nôtre. Cela nous convient-il ? Eh bien, nous aussi apprécions fortement les relations avec notre clinique Twig, et déplacer les embryons, ça semble fastidieux… Mais oui, bien sûr, nous acceptons de changer de clinique.
Elle est également cheffe d’entreprise et travaille considérablement. Elle aimerait donc que les choses se fassent rapidement. Sommes-nous dispo pour une visio à 20h30, heure de Toronto ? Soit 1h30 du matin, heure française. Là, il faut immédiatement se souvenir d’une des leçons de mes clients : le timing, c’est clé ! Donc oui, faisons une visio à 20h30, heure de l’Est du Canada. Par contre, pour l’autre moitié du couple, toujours à 3 h de décalage dans le mauvais sens, la leçon de mon client aura une tout autre saveur…
Ce mail est également accompagné des dépenses qui ont été réalisées par la mère porteuse lors de sa précédente GPA. Il faut savoir que selon les mères porteuses, les dépenses peuvent varier de manière assez importante. Le Canada faisant 5 500 km de long, rien que par la localisation de la surrogate, la géographie peut influencer grandement les prix. À cela s’ajoutent les dépenses de gardiennage pour ses enfants actuels, l’accompagnement ou non de son mari lors des examens à la clinique de Toronto, les vêtements de grossesse, les frais de salle de sport pour sa remise en forme… Très honnêtement, la liste est longue. Mieux vaut ne pas trop s’y attarder.
Parallèlement, l’agence nous informe qu’elle a déposé sur notre espace en ligne le profil de la mère porteuse. Nous devons en prendre connaissance et comprendre, à partir de cette note succincte accompagnée de quelques photos, qui elle est et quels pourraient être nos points de convergence. Là encore, pas question de mentir, sinon le retour à la réalité pourrait être violent.
Nouvelle mission, cela nous avait manqué : rédiger une énième lettre, mais cette fois-ci à l’attention de la mère porteuse en personne. Format A4, 1 page max et 1 photo si nous jugeons cela utile. Au boulot !


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