Quelques heures après notre visio nocturne, vers 4h00 du matin, toujours à moitié éveillés, mais pas vraiment endormis, nous recevons une avalanche de mails de l’agence. L’objet du premier mail est déroutant. « Official Introductions G+A+Surrogacy. »
Le mail est long, trop long pour cette heure relativement avancée. Nathan parle d’enthousiasme, de présentation officielle, de grande joie, d’un jalon important dans le parcours… Nous avons du mal à comprendre. Mon conjoint descend fumer une cigarette. Je l’accompagne, bien que fumeuse repentie.
Nous relisons le mail. Après plusieurs relectures, nous croyons bien comprendre la même chose. Nous avons trouvé une mère porteuse ?! Mais oui… Nous avons une mère porteuse ! Et dans un temps absolument record. Nous n’avons même pas eu le temps de rejoindre la liste officielle des futurs parents en attente de mère porteuse. En 15 jours maximum, la chose est faite.
Nous qui nous préparions à une interminable attente, telle que rappelée tour à tour par les différents acteurs. Tantôt par la clinique, tantôt par les psy, tantôt par l’agence… Même l’avocat s’en est mêlé : ça serait long, très long. Souvent une année entière pour avoir un « match », parfois plus. Il faudrait être patient…
Et soudainement, c’est fait. C’est tellement soudain que cela paraît irréel, surtout après cette visio ratée quelques heures auparavant. Nous sommes comme stupéfaits face à la hauteur de l’événement, comme si nous n’arrivions pas à le célébrer. Peut-être parce qu’il est 4h00 du matin, ou bien parce que c’est trop beau pour être vrai et que nous préférons nous préserver d’une quelconque erreur de l’agence.
Ce moment est également très loin de ce que nous avions imaginé, même s’il est vrai que nous n’avions pas imaginé grand-chose. Dans tous les cas, nous aurions imaginé autre chose qu’être debout à 4h00 du matin dans notre cuisine, en train de lire et relire un mail en anglais nous menant à la même conclusion : nous avons une mère porteuse ! Et absolument personne pour célébrer cette incroyable nouvelle à part nous deux.
Au petit matin, la route vers l’agence n’a pas la même saveur. En plein excès de bonheur, je croise un ado qui fait du stop suite à un bus raté. Je m’en veux encore de ne pas l’avoir aidé, d’avoir pu, à mon échelle, assister mon prochain. J’espère que cela ne lui aura pas porté préjudice dans la vie.


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