Depuis un certain temps, la clinique s’inquiète énormément de la génétique des différents protagonistes de l’aventure. La génétique de Monsieur, la génétique de la donneuse, & surtout ce qui se produira lors de la création de l’embryon quand les 2 entités seront réunies.
À notre connaissance, dans un schéma traditionnel de reproduction, ce point sensible de la génétique n’intéresse pas spécialement les futurs parents. Pour nous, dans un processus de GPA, les choses sont bien évidemment différentes. À la fois car la création d’un embryon a une valeur financière certaine, il est donc préférable de s’assurer d’obtenir des embryons viables, mais également & même surtout, car nous entraînons dans l’aventure une tierce personne, pour porter un bébé qui ne sera pas le sien.
Dans cette configuration, il semble plutôt élégant de notre part d’avoir le maximum d’informations possibles et inimaginables pour lui éviter un potentiel avortement pour d’obscurs sujets génétiques.
C’est ainsi que le sujet de la génétique a été l’objet de notre premier règlement à la clinique pour la bagatelle de 6300 $ canadiens. Pour cette coquette somme, nous avons le droit, pour les 2 parties prenantes : une consultation avec un médecin, divers dépistages de santé, une évaluation physique complète, des analyses sanguines, une échographie/analyse de sperme, & surtout des tests génétiques et un rapport du médecin. Nous nous prêtons consciencieusement à l’exercice.
Dans un 1er temps, Monsieur a réalisé les examens à distance : une Visio avec une généticienne, un long questionnaire sur les éventuelles anomalies personnelles & les antécédents familiaux, un webinaire assez complexe sur la génétique, où il faut bien l’avouer, nous n’avons pas tout compris. Pour la suite, il faudra se rendre sur place pour une analyse corporelle & quelques prises de sang.
Ces tests ayant eu lieu en parallèle de notre avancement avec la donneuse, et de surcroît peu avant les congés d’été, l’agence nous a conseillé de nous rendre dans les meilleurs délais au Canada, afin de garder notre élan d’avancement. Un mois plus tard, nous voici à Toronto pour le don de sperme et les examens génétiques.
Pour les résultats du test, il va falloir attendre que la donneuse puisse se rendre à son tour à Toronto afin de réaliser les examens.
C’est donc un mois après notre retour qu’est planifié notre RDV de conclusion génétique, où nous espérons pouvoir briller par nos nombreuses années de cours de SVT. Fièrement, nous savons déjà que l’humain est constitué de 23 paires de chromosomes, soit un total de 46 chromosomes. Parmi ces chromosomes, nous pouvons même affirmer que les mâles ont leurs chromosomes sexuels composés de XY, alors que pour nous, femelles, nos chromosomes sont identiques : XX. On se souvient également que chez certains, leur 21e chromosome n’est pas une paire, mais un trio, ce qui génère quelques problématiques. Sur ce point, nous sommes plutôt confiants, à notre avis nous devrions être déjà informés de la situation, même sans test génétique.
Heureusement, pour 6300 $, la clinique a d’autres révélations à nous faire.
L’objet de l’exercice est de repérer chez chacun des parties prenantes les éventuelles anomalies génétiques. Car oui, nous avons tous des anomalies génétiques, plus ou moins importantes, plus ou moins déclarées, & affectant plus ou moins les gènes sur les 2 paires de chromosomes. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’avoir des chromosomes par paires : si jamais l’un est altéré, l’autre, sa copie, peut être en excellent état.
L’objet du test est de diagnostiquer l’ensemble des mutations génétiques, déclarées ou non, et d’identifier si ces mutations sont problématiques, afin de définir si, une fois les 2 parties réunies dans l’embryon, ces anomalies ne pourraient pas entrer en résonance et déclencher des maladies génétiques.
Nous étions un peu sceptiques sur l’aboutissement de la démarche. À notre grand étonnement, une mutation génétique a bien été repérée. Monsieur n’avait même pas fait le rapprochement entre le fait de n’avoir que 24 dents au lieu des 32 habituelles qui est bien une mutation génétique détecté par la clinique. Bien que bénigne, par chance, la donneuse n’est pas porteuse de cette mutation, ni même d’aucune autre.
L’aventure peut continuer…

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